Démythologisation du mal

Une perspective contextuelle

Hamid Reza Yousefi

Psychotherapie-Wissenschaft 11 (1) 67 2021

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CC BY-NC-ND

https://doi.org/10.30820/1664-9583-2021-1-67

Mots clés : désir primitif, diabolisation, psychopathie, libre arbitre, le mal, démythologisation, biophilie, nécrophilie

La catégorie du mal est un thème central de toutes les sciences sociales et humaines, qui reposent sur des prémisses différentes. Ce concept est lié à la pensée mythologique. Le mal est ainsi articulé comme une force fondamentale qui contrôle toute pensée et tout sentiment humain, ainsi que toute sensation et toute intuition. Dans toutes les cultures des peuples, il existe des personnifications du mal, par exemple Ahriman dans les enseignements de Zarathoustra, le diable dans le christianisme, Satan dans l’islam, ou divers démons dans l’hindouisme. Ces figures sont basées sur certaines caractéristiques qui représentent des tentatives d’expliciter un archétype qui n’a pas encore été articulé.

Vue sous l’angle de la psychologie contextuelle, la catégorie du mal nécessite une démythologisation. Le malfaiteur est l’inconscient qui contrôle l’homme. L’inconscient est la boîte noire des biographies individuelles. Au cours de la socialisation primaire et secondaire, il absorbe des informations, des expériences et des impressions sensorielles et les dépose dans l’être humain, où elles se font sentir à jamais, mais souvent ne sont pas consciemment tangibles. Celles-ci se procurent continuellement une réalité graduelle qui s’exprime par un comportement blessant, une pensée violente ou l’égoïsme.

Une vision démythologisante du mal permet de comprendre que cette catégorie est explicable dans l’interaction du répertoire humain de pensée et d’action. L’être humain peut développer en lui le bien et le mal, qui apparaissent sous différentes formes.

Les situations de compétition qui changent les gens sont cruciales pour l’émergence de la pensée-dichotomie « bien » et « mal ». Le contexte socioculturel joue un rôle essentiel dans ces déformations, mais il n’est pas un garant fiable d’un endiguement réussi du mal ni une raison absolue de sa réalisation ultérieure. La concurrence est le terreau du mal. L’agressivité, par exemple, est une variante du mal et la bienfaisance une sous-catégorie du bien, qui interviennent également de manière différente selon le contexte socioculturel.

Pour déterminer ou renforcer sa propre position, l’homme construit des images de l’ennemi afin de sanctionner, de ramener à la raison, ou finalement d’éliminer ce qu’il considère comme répréhensible. Cela se manifeste sous diverses formes : D’une part, la désignation « mal » a un usage explicite-ouvert, selon lequel l’Autre est stigmatisé et combattu sans détour et sans réserve comme une menace. D’autre part, il a un usage implicite-caché, selon lequel il n’est pas ouvertement dit que l’Autre est mauvais, mais il est traité ainsi. De cette façon, la personne se procure une identité et une justification pour combattre férocement l’ennemi supposé. L’expression « axe du mal » est une telle image de l’ennemi qui fonctionne selon des mécanismes similaires et légitime les guerres contre le « mal » ainsi désigné.

Une herméneutique non-violente permet de remplacer la communication à sens unique par une communication à sens multiples. La pensée unique suscite des peurs et comporte le danger que la pensée compétitive crée des images de l’ennemi. L’herméneutique non-violente procède par recherche d’empathie et aide à comprendre l’Autre dans son altérité et à le nommer ainsi.

L’auteur

Hamid Reza Yousefi, est professeur de philosophie interculturelle et de dialogue des religions à l’University of Religions and Denominations à Qom et chargé de cours à l’université de Potsdam. Il est en outre président fondateur de l’Institut zur Förderung der Interkulturalität e. V. (Institut de promotion de l’interculturalité) à Trèves. Ses domaines de travail sont les théories de la tolérance, l’éthique, l’herméneutique et la psychologie de la communication. Yousefi s’habilite actuellement à la Sigmund Freud PrivatUniversität (Université privée Sigmund Freud) à Vienne sur le sujet « Sur le réveil du désir primitif. Traits fondamentaux du modèle de la thérapie d’addiction d’Avicenne ».

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Prof. Dr. Dr. h. c. Hamid Reza Yousefi
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