Herméneutique de l’identité sans violence

Une aide à l’orientation pour la théorie et la pratique de la psychothérapie

Hamid Reza Yousefi



La notion d’« identité » joue dans le cycle de l’existence humaine un certain rôle qui se révèle à différents niveaux au cours de sa vie. L’identité d’une personne connaît, outre une signification socioculturelle, une expression religieuse et scientifique. Ce fait exerce une influence indirecte et directe sur les théories de la psychothérapie et sa pratique psychothérapeutique.

L’image que j’ai de moi détermine ce que je suis, pourquoi je suis ainsi et ne peux pas être autre. Qu’on imagine José, un jeune garçon, qui subit à l’âge de cinq ans le traumatisme de la perte de ses parents et est recueilli par une famille d’accueil. Afin de lui permettre de surmonter son traumatisme, la famille d’accueil entreprend dix ans plus tard une tentative pour trouver ses racines. Lorsque José retrouve son ancienne patrie, il reconnaît certes sa sœur plus jeune de deux ans. Mais il ne parvient pas à se souvenir de son frère. Même ses anciens camarades sur l’aire de jeu située à côté de l’ancienne maison de ses parents ne se souviennent plus de lui, alors qu’ils sont devenus des amis de sa sœur. José ne s’imagine pas une réalité rêvée. Le monde du jeune garçon s’écroule.

Cette situation dérangeante réactive visiblement chez José le traumatisme de son enfance et le plonge dans une crise d’identité qui le mène à de graves dépressions. Il se met en retrait, perd son allant, mange moins et éclate souvent en sanglots, si bien qu’il doit être traité au plan stationnaire. Cela prend presque un an jusqu’à ce qu’il parvienne à reprendre plus ou moins pied. L’Office pour la jeunesse constate ultérieurement qu’il s’agit effectivement de la maison de ses parents, de sa sœur et de ses anciens camarades de jeu. Cette reconnaissance favorise de façon massive la restauration de sa psychodynamique intrinsèque.

L’exemple tragique de José illustre parfaitement la signification existentielle de l’identité, que nous devons prendre au sérieux à tout moment et partout en tenant compte des contextes socioculturels, notamment dans les domaines de la science de la psychothérapie. Une de ses missions culturelles et scientifiques consiste à sonder les dimensions sociologiques, ethnologiques et psychologiques des contextes culturels et religieux ainsi que les formes sociétales et d’en tirer profit pour la pratique psychothérapeutique.

En ce sens, la présente contribution se comprend comme une tentative d’esquisser les contours d’un concept d’herméneutique de l’identité sans violence s’inspirant de la science de la psychothérapie. Celle-ci est ici considérée comme un toit systémique et systématique de la psychothérapie contextuelle. L’expression « contextuelle » désigne tous les contextes dans lesquels se meut un être humain. Les risques sont exposés et, sur la base de l’exemple de cas d’un Yézidi, une proposition de solution est formulée afin de surmonter par le dialogue les conflits entre les théories psychothérapeutiques et de développer des concepts adaptés au contexte.

L’herméneutique sans violence considère les concepts de soi comme des totalités ouvertes possédant une infinité de prédicats. Toute forme d’universalisation ou d’absolutisation d’une théorie propre ou d’une certaine théorie et pratique psychothérapeutique doit être évitée dans ce cadre afin de stimuler un dialogue tolérant.

De cela découle un espace de discours ouvert dans lequel sont représentées différentes positions d’identité avec leurs questionnements et approches de solutions propres respectifs. La procédure méthodique est orientée dans un sens herméneutique-encyclique afin de permettre une prise en considération complète et compréhensive des théories psychothérapeutiques.

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