Rapport des réunions de l’EAP

En ligne, 16 au 18 octobre 2020

Peter Schulthess

https://doi.org/10.30820/2504-5119-2020-2-58

Les réunions d’automne de l’EAP se sont déroulées cette année sous la forme de réunions en ligne via Zoom en raison du coronavirus. Pour l’ASP, Gabriela Rüttimann a participé à la partie des réunions qui intéressait notre association. Ces réunions auraient dû à l’origine se tenir à Pristina (Kosovo), et être suivies d’une conférence sur la situation des réfugiés en Europe et avec la question de savoir dans quelle mesure les psychothérapeutes peuvent apporter leur soutien. Ce sujet est d’une actualité brûlante, mais la conférence a dû être reportée à l’année prochaine du fait de la situation causée par le coronavirus. Les organisatrices et organisateurs (le Comité pour les réfugiés) ne voulaient pas tenir une conférence en ligne. Pour les personnes intéressées : cette conférence est désormais programmée pour le 24 octobre 2021 à Pristina.

Le projet d’organiser des réunions avec jusqu’à 50 personnes en ligne représentait un défi, puisqu’il s’agissait tout de même de maintenir une présence quotidienne de plusieurs heures devant l’ordinateur pendant trois jours. Mais il était assurément préférable de tenir les réunions au moins en ligne afin de régler les affaires en cours.

À propos du sujet de la « Recherche », il convient de rappeler que l’EAP a réagi à un appel d’offres de l’UE et a, avec des partenaires de recherche, soumis sa candidature à un projet destiné aux pays européens, afin de mieux faire prendre conscience de l’apparition possible de maladies ayant un effet assez important sur la population dans certaines situations, et de fournir aux gouvernements des bases fondamentales sur la complexité sociale que pose toute action dans de telles crises.

Le projet de recherche se serait étalé sur trois ans et aurait coûté environ 240 000 euros (supportés par l’UE). La candidature de l’EAP n’a malheureusement pas été retenue par l’UE pour quelques points, l’UE ayant préféré d’autres candidats. C’était la première fois que l’EAP concourait pour un projet dans le cadre de la promotion de la recherche par l’UE. Fournir tous les renseignements nécessaires à de telles candidatures est une affaire complexe, et nous avons beaucoup appris pour une prochaine fois.

L’EAP a également écrit au président du parlement européen et exprimé le souhait que les psychothérapeutes soient réciproquement reconnus dans les pays de l’UE en appliquant le Cadre commun de formation (Common Training Frameworks - CTF), en vertu d’une Directive du Parlement promulguée récemment. La réaction a été positive et encourageante. Le président a reconnu le rôle important de la psychothérapie dans le secteur de la santé mentale.

Ces deux initiatives ont été mises en œuvre par la prochaine présidente désignée de l’EAP, Pat Hunt, la dernière en collaboration avec le groupe de lobbying de l’UE. On peut aborder cette présidence avec optimisme au vu d’autres projets futurs.

Différentes procédures législatives visant à réglementer la psychothérapie sont actuellement en cours dans différents pays. L’EAP a envoyé aux collègues espagnols une confirmation que la thérapie bioénergétique de l’EAP est reconnue comme un procédé de psychothérapie à part entière. En Roumanie apparaît une situation analogue à celle de la Suisse : les associations de psychologie se battent pour que la psychothérapie soit réglementée en tant que profession psychologique, tandis que les associations qui appartiennent à l’EAP souhaitent une réglementation qui régisse la psychothérapie en tant que profession scientifique à part entière. La même chose a lieu également en Espagne. L’EAP a soutenu les deux associations de psychothérapie avec des aides à l’argumentation. C’est également ainsi que se présentent les choses dans l’UE : l’European Federation of Psychologists’ Associations (EFPA) est reconnue comme la NAO compétente pour les professions de la psychologie, l’EAP en tant que NAO compétente pour la psychothérapie. Comme souvent, l’EFPA ne respectera pas cette délimitation et revendiquera également la compétence pour la psychothérapie. Il reste à espérer que la révision de la loi sur la psychothérapie en Allemagne, qui permet des cursus d’études directes en psychothérapie ait un impact qui permettra de considérer la psychothérapie comme une profession universitaire à part entière.

Il est apparu au sein du National Umbrella Organisations Committee (NUOC) que différents conflits sont apparus dans différents pays, entre des associations concurrentes ou bien même au sein d’une même association (Pologne, Chypre, Tchéquie, Irlande). L’EAP se tient souvent à disposition en qualité de médiateur dans de tels conflits, mais avec peu de succès à cause des fronts qui campent tellement sur leurs positions.

En conséquence, une motion visant à compléter la Déclaration de Strasbourg a été déposée au Conseil d’administration de l’EAP afin de pouvoir également accueillir des diplômés des cursus d’études directes. Cette discussion n’est pas encore tranchée et continue à alimenter la controverse. Certains voient dans la Déclaration un document historique fondateur intangible de l’EAP, d’autres pensent qu’il pourrait être amendé comme toute constitution. Certains sont enfin d’avis que la Déclaration serait rédigée dans un esprit d’ouverture tel concernant la formation qu’elle n’aurait besoin d’aucun amendement.

Regina Hilbert a été nommée Assistante du Secrétaire Général en février, notamment afin que le bureau de l’EAP soit mieux géré. Cela a cependant entraîné des conflits du fait qu’un cahier des charges n’a été rédigé qu’après coup. Celui-ci prévoyait que Regina Hilbert serait seulement compétente pour effectuer le travail de deux secrétaires, pendant que la troisième serait attribuée à la Registraire. Ce partage des responsabilités s’est avéré insatisfaisant et Regina Hilbert a démissionné de son poste après seulement six mois.

Dans le Training Accreditation Committee, le seul institut suisse qui appartienne à l’EAP, l’accréditation de l’International Institute for Biosynthesis (IIBS) a été renouvelée pour sept années de plus. Sa demande a également été soutenue par l’ASP.

L’Ethics Committee veut compléter les directives de déontologie d’un point visant à exclure les « copyrights » des procédés de thérapie. La demande ne pouvait pas encore être mise aux voix et sera discutée en mars à Vienne.

L’International Journal for Psychotherapy est devenu un magazine en ligne en raison d’une coupure budgétaire. Les versions papier ne sont plus produites qu’en petites quantités.

La situation financière de l’association s’est présentée en meilleure forme qu’attendu, tout en restant à nouveau déficitaire cette année. La pandémie de COVID-19 a d’une part « aidé » à faire des économies en termes de coûts, tandis que les cotisations des membres ont par ailleurs dépassé les attentes. La facturation électronique y a contribué. L’association continue à vivre sur ses réserves et doit générer de nouvelles recettes pour renouer avec des états financiers positifs.

Peter Schulthess est membre du comité de l’ASP.

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